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Certains voyages restent longtemps dans nos mémoires. Et puis il y a ceux qui laissent une empreinte durable, au plus profond du cœur. Les Lofoten font incontestablement partie de ceux-là. Peut-être parce que chaque journée était une nouvelle aventure. Peut-être à cause de la nature absolument incroyable. Ou peut-être tout simplement parce que, là-bas, tout semblait un peu plus léger.
Dès notre arrivée à Tromsø, une certaine excitation flottait dans l’air. Il ne restait plus qu’à récupérer le camping-car, faire quelques courses et prendre la route. Pas d’itinéraire figé, pas de programme minuté : simplement une semaine d’aventures qui s’ouvrait devant nous, avec la promesse de découvertes à chaque virage. Notre première destination était l’île de Senja. Dès les premiers kilomètres, nous avons eu un aperçu de ce qui nous attendait les jours à venir : des montagnes enneigées, des fjords scintillants, de petits villages de pêcheurs et des paysages qui donnent envie de s’arrêter tous les quelques kilomètres.
Bien que nous ne soyons arrivés en fin de journée, nous sommes directement partis en direction du Hesten. C’est là que nous avons pris conscience pour la première fois de la particularité de l’été norvégien. Il était déjà plus de 22 heures, mais le soleil était encore bas dans le ciel et baignait le paysage d’une lumière chaude et dorée.
Le lendemain matin, nous avons repris la route en direction des Lofoten. Le trajet à lui seul était déjà une expérience. À chaque virage, entre les ponts et les innombrables petites criques, le paysage semblait encore plus beau. De temps en temps, nous nous arrêtions pour une petite pause, généralement autour d’un café et d’un cinnamon bun. Au fil des jours, ces brioches à la cannelle sont devenues un véritable rituel, presque aussi incontournable que les randonnées elles-mêmes.
Arrivés à Svolvær, nous avons à nouveau enfilé nos chaussures de randonnée et pris la direction de Fløya et de Djevelporten. Une fois en haut, l’effort a vite été récompensé : au sommet, une vue à couper le souffle s’ouvrait sur l’archipel des Lofoten.
Le lendemain matin, nous avons découvert le charmant village de pêcheurs de Henningsvær. Avec ses petites maisons en bois, ses cafés chaleureux, ses jolies boutiques et l’odeur du café fraîchement moulu, qui flottait dans les ruelles. L’endroit parfait pour flâner tranquillement dans les rues et commencer la journée tout en douceur.
Nous avons ensuite poursuivi notre route jusqu’à Haukland Beach, avant d’entreprendre l’ascension du Mannen. Une fois au sommet, nous avons découvert des plages de sable blanc et une eau turquoise que l’on s’attendrait davantage à trouver dans les Caraïbes qu’au nord du cercle polaire. Après la randonnée, la température glaciale de l’eau n’avait plus vraiment d’importance. Un petit plongeon dans la mer s’imposait, même si le courage nécessaire pour entrer dans l’eau était nettement plus grand que le saut lui-même.
Nous avons passé la soirée à Haukland Beach. Tandis que des moutons broutaient paisiblement au bord de la mer et que le soleil semblait ne jamais vouloir se coucher, nous étions assis sur la plage, peinant à croire à la beauté de cet endroit. Le soleil de minuit est difficile à décrire. Il faut le vivre. Cette lumière douce donne à tout une atmosphère presque magique, brouille la notion du temps et donne l’impression que la journée ne finira jamais.
Plus nous descendions vers le sud, plus les paysages devenaient spectaculaires. Reine est sans doute l’un des endroits les plus connus des Lofoten, et pourtant, la réalité a dépassé toutes nos attentes. Avant de nous lancer à l’assaut du Reinebringen, nous avons bien sûr repris des forces avec un café et des cinnamon buns.
Après exactement 2 000 marches, nous avons enfin atteint le sommet. Devant nous s’étendait sans doute l’un des panoramas les plus célèbres de Norvège : des fjords d’un bleu profond, des cabanes de pêcheurs rouges, appelées « rorbuer », et des sommets qui semblent surgir directement de la mer. L’un de ces panoramas devant lesquels on s’arrête simplement pour contempler, respirer et savourer pleinement chaque seconde. Nous avons passé la soirée tranquillement sur une aire de camping à Moskenes.
Le lendemain matin, nous avons visité Å, le village de pêcheurs situé le plus au sud des Lofoten. Avec ses emblématiques petites maisons rouges, l’histoire de la pêche et la boulangerie du village donnent à cet endroit un charme tout particulier. Et oui, fidèle à notre rituel, nous y avons encore dégusté d’excellents cinnamon buns.
Après notre incontournable cinnamon bun, il était temps d’enflier une nouvelle fois nos chaussures de randonnée. cette fois en direction de Kvalvika Beach. Une plage sauvage, uniquement accessible qu’à pied, et c’est précisément ce qui la rend si particulière. Après la dernière montée, la vue s’ouvre soudain sur une immense plage de sable isolée, entourée de montagnes escarpées et bordée par les eaux ouvertes de la mer de Norvège. Nous avons déballé notre pique-nique, mangé des sandwichs au saumon frais et simplement profité de l’instant.
Nous avons ensuite passé la nuit au Lofoten Beach Camp, un endroit où je retournerais sans hésiter. Directement au bord de la mer, entourés de montagnes et une fois encore baignés par le soleil de minuit, tout semblait incroyablement paisible.
Après un café tranquille au réveil, une nouvelle randonnée nous attendait déjà : l’Offersøykammen. Même si nous avions déjà gravi plusieurs sommets au cours des jours précédents, celui-ci nous a encore une fois totalement surpris. Le panorama à 360 degrés sur les Lofoten était tout simplement à couper le souffle et reste encore aujourd’hui l’une de mes plus belles expériences de randonnée. Il était doucement temps de dire au revoir. Le soir même, nous avons quitté l’archipel en direction de Narvik et avons passé notre dernière nuit en camping-car directement au bord d’un fjord.
Le lendemain matin, la route nous a ramenés vers Tromsø. Après avoir rendu notre camping-car, nous avons découvert la ville à pied. Tromsø m’a immédiatement séduite : des cafés chaleureux, de petites boutiques, une atmosphère décontractée et une cuisine vraiment délicieuse. Nous avons bien sûr encore goûté aux célèbres hot-dogs, avant de nous offrir un tout dernier cinnamon bun. Nous avons passé notre dernière soirée au bord de l’eau. Le soleil était encore haut dans le ciel et baignait la ville de cette lumière chaude qui nous avait accompagnés tout au long de la semaine. C’était l’un de ces au revoir où l’on sait déjà que, tôt ou tard, on reviendra.
Si quelqu’un me demandait aujourd’hui ce qui rend les Lofoten si uniques je ne penserais pas d’abord aux différentes randonnées ou aux points de vue célèbres. Je penserais à cette sensation. Celle de pouvoir prendre la route sans contrainte, avec notre camping-car. Au calme qui règne sur les montagnes. À la lumière du soleil de minuit. Aux plages désertes, aux soirées tranquilles et à ces beaux moments passés dehors, au cœur de la nature.
Et peut-être aussi, il faut bien l’avouer, un tout petit peu aux cinnamon buns. Parce que, d’une manière ou d’une autre, ils n’ont jamais aussi bon goût que là-haut, dans le Grand Nord.