LE SRI LANKA HORS SAISON

Voyager dans un pays de rêve, en été aussi

Auteur

David Torcasso

David Torcasso est auteur, coach en média et blogueur. Il n'a pas le permis, mais un compte de miles aériens. Depuis ses études de journalisme à l'école supérieure de sciences appliquées de Zurich ZHAW, il travaille comme journaliste indépendant pour le Tages-Anzeiger, la NZZ, Die Zeit ou Brand Eins, ainsi que pour divers blogs et plateformes en ligne. L'argent qu'il gagne est rapidement réinvesti dans les voyages et la vie nocturne, même si ce n'est pas toujours rentable. Actuellement, ses destinations préférées sont Istanbul pour l’Europe et Los Angeles pour l'autre côté de l'Atlantique.

Le Sri Lanka a le vent en poupe et connaît depuis quelques années un véritable essor. Les touristes sont ainsi toujours plus nombreux à se presser sur cette île située à la pointe du sous-continent indien. Plages de rêve, temples, villages de pêcheurs, patrimoine mondial de l’UNESCO, charme indien, cuisine savoureuse et habitants accueillants... le Sri Lanka est devenu une destination incontournable de l’Asie du sud. L’apparition d’une multitude de complexes hôteliers est programmée. Il faut donc s’empresser d’aller visiter l’île. Même en période de mousson. Car au Sri Lanka, le soleil brille toujours quelque part. 

Un voyage en Asie du sud en dehors de la saison d’hiver éveille le scepticisme de nombreux visiteurs. Trop incertain, les vacances si attendues tomberont peut-être à l’eau à cause de la mousson. De plus, en été et au début de l’automne, les vacances balnéaires en Europe sont particulièrement appréciées. Pourtant, les stations balnéaires en Italie, Espagne ou France ne sont nullement comparables à ce paradis d’Asie du Sud. Et elles sont nettement plus chères. 

En Asie, la mousson est imprévisible : je suis assis dans ma chambre d’hôtel à Tangalle, et dehors, il tombe des trombes d’eau depuis des heures. À quelques mètres de mon hôtel se trouve une plage digne d’une carte postale – palmiers verdoyants, mer turquoise, sable blanc et vagues paresseuses. On est début septembre, la mousson bat son plein en Inde et dans d’autres parties de l’Asie. Se baigner n’est pas vraiment une partie de plaisir lorsqu’il pleut des cordes. C’est pourquoi la majorité des touristes viennent ici entre décembre et mars. À cette époque, il ne pleut que dans le nord du pays alors que les plages du sud sont inondées de soleil. 

Pluie, soleil, pluie, soleil — en quelques kilomètres

Je ne suis pas du tout frustré par la pluie. J’ai de la chance, je suis au Sri Lanka, l’île située à la pointe du sous-continent indien. Ici, il est possible de passer ses vacances à la plage pendant toute l’année. Et comme le pays a à peu près la taille de l’Irlande, se déplacer d’un endroit à l’autre est chose aisée. Bus ou taxi, les coins ensoleillés de l’île sont accessibles en quelques heures seulement. Quand il pleut à l’ouest, le soleil brille à l’est — et vice-versa. Je monte dans le prochain bus, qui est par ailleurs indiqué correctement en anglais, et me rends en seulement 120 minutes à Mirissa, le paradis des baleines au Sri Lanka. Le soleil brille. Je surfe sur quelques vagues et mange le soir de délicieux fruits de mer. Je renonce à la sortie en bateau pour observer les baleines, une excursion très appréciée des touristes. 

À « Lanka », des précipitations en tout genre sont chose habituelle tout au long de l’année. Cependant, la saison de la mousson n’est pas gravée dans le marbre et n’est certainement pas une raison de renoncer à cette merveilleuse destination. Même lors de la principale période de la mousson, de mai à septembre, le soleil brille au nord-ouest de l’île jusqu’à 16h. 

Certes petit, mais quel pays !

La diversité du Sri Lanka est impressionnante pour une si petite surface. Pratiquement aucun autre pays au monde ne tient la comparaison : huit sites classés au patrimoine mondial de l’UNESCO, des plages de rêve, des vagues paradisiaques, des excursions en safari, des paysages envoûtants, l’animation des grandes villes, des plantations de thé et des sentiers de randonnée. Le Sri Lanka est varié, plutôt bon marché et encore épargné par le tourisme de masse. Sa proximité au nord avec le sous-continent lui confère de larges similitudes avec l’Inde (ce qui lui vaut le surnom de « larme de l’Inde »). Pour les voyageurs, le Sri Lanka est néanmoins mieux organisé, plus propre et plus simple à visiter grâce à sa bonne infrastructure en trains, bus et taxis. 

Au début de l’automne, les plus belles excursions conduisent à l’ouest de l’île

Comme la plupart des visiteurs, j’atterris dans la capitale Colombo — le seul aéroport international de l’île. Je préfère d’abord renoncer au tumulte de la grande ville, j’aurai en fin de voyage encore suffisamment de temps pour découvrir Colombo. Je monte dans un tuk-tuk et pars pour la ville de pêcheurs, Negombo, qui est plus proche de l’aéroport que Colombo. On trouve ici de nombreuses plages et plusieurs canaux construits autrefois par les Hollandais pour transporter la cannelle. Ils sillonnent toute la cité, ce qui lui vaut le surnom de « Little Amsterdam ». Le soleil brille à peine, la plage est quasiment déserte et on ne rencontre pratiquement aucun touriste. En dépit de la période hors saison, les restaurants proposent de savoureux plats et les hôtels attirent avec des prix avantageux. Le soir, je fais la connaissance d’un pêcheur local qui m’emmène en mer dans son bateau le lendemain à 4h du matin. Il me concocte ensuite un repas absolument délicieux. Lorsque que je veux lui payer, il refuse en souriant. 

Je veux le soleil et la plage...

Le propriétaire de l’hôtel de Negombo me raconte qu’à partir de la seconde moitié de l’année, le soleil brille surtout sur la côte est de l’île. Je décide donc de me rendre dans la Arugam Bay, le paradis des surfeurs. Le trajet dure environ cinq heures en bus, et bien moins en voiture. Ici, le soleil brille et le ciel est pratiquement bleu dès le petit matin et jusque 4h de l’après-midi. En vérité, Arugam Bay n’est pas une ville mais une route avec une suite d’hôtels, de restaurants et de bars. La plage est directement à côté. Par conséquent, les touristes sont ici un peu plus nombreux, ce qui n’a heureusement pas nui au charme de l’endroit. Au-delà des restaurants plutôt occidentaux, on trouve ça et là des baraques proposant une cuisine locale. Les autochtones servent des menus indo-occidentaux, donnent des cours de surf et organisent des spectacles de feu présentés le soir dans les bars. Arugam Bay a tout pour un séjour balnéaire réussi : l’offre d’activités nautiques est fournie et le bien-être des gourmands est assuré. Dans les bars, les boissons sont bon marché et les conversations intéressantes. 

Au bout de quelques jours, je continue sur Batticaloa qui est nichée dans une baie sur la côte orientale. Il n’est pas très facile de trouver un logement au bord de la plage, mais cela me permet d’avoir cet extraordinaire endroit pour moi tout seul. Comme il n’y a pratiquement pas de palmiers faisant de l’ombre et comme le soleil brûle sans pitié, avoir une ombrelle dans ses bagages est chose indispensable. Le soir, je me balade dans la ville qui n’est pas spectaculaire... et d’autant plus authentique. Je vais sur les traces des « poissons qui chantent ». Il se dit que l’on peut entendre leur chant les nuits de mer calme au clair de lune. Pour cela, il faut plonger une rame dans la mer et coller son oreille à l’autre bout. Les amateurs de l’artisanat sri lankais trouvent sûrement leur bonheur à Batticalao. Deux journées suffisent pour découvrir le site.

Encore plus au nord-est de l’île, Trincomalee, ou Trinco, est ensoleillée en permanence. Il paraît que le légendaire temple des mille colonnes s’y trouvait au XVIe siècle — mais les Portugais l’ont malheureusement fait basculer dans la mer du haut d’une falaise. Trinco est habitée surtout par des Tamouls et ressemble ainsi beaucoup au sud de l’Inde. Il y a encore quelques années, la région était ici dévastée par la guerre et la misère. Une zone interdite un peu en dehors de la ville témoigne de ces années difficiles. Il faut voir Trincomalee — et surtout le temple hindou de Koneswaram ou les sources chaudes de Kanniya. Ici, en tant que touriste, je fais figure d’outsider et j’attire involontairement l’attention des habitants. Qui sont par ailleurs très accueillants et serviables. 

L’embarras du choix

J’arrive à peine à me décider où me rendre ensuite. Les collines autour de la ville de Kandy doivent regorger de curiosités. Dont le temple de la Dent, l’un des lieux de pèlerinage les plus importants du Sri Lanka. À environ 40 km de Kandy se trouve l’orphelinat des éléphants de Pinnewala. Une visite à Anuradhapura, la plus vieille ville du Sri Lanka, serait aussi intéressante. Lié au site indien de Bodhgaya, qui compte parmi les hauts lieux du bouddhisme, Mihintale est l’un des berceaux du bouddhisme theravada très répandu au Sri Lanka. 

Je décide de partir pour le sud. C’est là que se trouve la ville la plus connue et la plus bigarrée de l’île : Galle. En cours de route, le premier arrêt à Tangalle est un fiasco car il pleut sans interruption. Ce qui m’empêche d’aller sur l’une des plages de rêve des alentours. Je continue vers Mirissa. Nombreux sont les visiteurs qui espèrent y apercevoir une baleine. La plage de Mirissa est truffée de restaurants conviviaux et la mer forme des vagues parfaites pour faire du bodysurf. 

Certes, Galle n’est pas vraiment le Sri Lanka mais son charme est envoûtant

C’est par le bus que j’y arrive enfin. Aucun autre endroit de l’île ne dégage autant de magie que ce port antique, due surtout à son mélange d’architectures et ses multiples couleurs. Galle a été construite par les Portugais et était autrefois considérée comme la porte du monde pour le commerce de la soie et des épices. En me baladant dans les rues, je ressens le caractère cosmopolite de la cité. La vieille ville de Galle est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. 

Des effluves d’épices enveloppent les bâtiments historiques, et on peut en acheter à tous les coins de rue. Mais attention aux prix démesurés ! Lorsque j’arrive au célèbre fort de Galle, il recommence à pleuvoir. Mais ce n’est pas grave car ce site est une mine d’or pour les chasseurs d’objets antiques. Si bien que je visite une multitude de petites échoppes proposant des œuvres d’art fascinantes. Avec un tuk-tuk, il est possible de visiter en une seule journée le fort, le temple, la mosquée et le phare. 

Les habitants de Sri Lanka sont probablement les gens les plus accueillants d’Asie du Sud

Pour finir, je me retrouve à nouveau à Colombo. La plupart des hôtels, le parlement, le siège du président et toutes les banques sont réunis dans le quartier des affaires de Fort, alliant l’histoire et la modernité. La physionomie de la ville est marquée par les imposantes tours jumelles du World Trade Center. Elles comptent parmi les plus hauts édifices d’Asie du Sud. À Colombo, la croissance du Sri Lanka est palpable. Comme souvent en Asie, le contraste est flagrant entre la capitale, ses rues commerçantes ultramodernes, ses voitures de luxe et les villages de l’arrière-pays. 

L’artère principale de Colombo est la Galle Road qui traverse tout droit la ville et est bordée de bâtiments de verre, de gratte-ciel, de grands centres commerciaux, d’hôtels et de restaurants. Au bout de cette avenue, on atteint la partie islamique de Colombo. Une superbe mosquée domine ici le paysage urbain. Plus tard, je visite aussi le temple de Gangaramaya, dont l’atmosphère de calme et de sérénité me fait oublier le tumulte de la métropole devant ses portes. Avec sa foison de pièces, le temple rappelle une brocante. Il regorge d’objets et de figurines de Bouddha. On y trouve même au milieu un éléphant grandeur nature (mais pas empaillé !). Dans les rues, d’anciennes cadillacs rappellent le passé colonial. 

Visite compacte en deux à trois semaines

Si vous vous rendez au Sri Lanka en dehors de la saison d’hiver très prisée, vous serez récompensé : des plages désertes, des prix avantageux et la pleine attention des habitants de Sri Lanka. Le point fort de l’île n’est pas seulement la kyrielle de temples et de plages, c’est aussi et surtout ses habitants dont l’accueil chaleureux est incomparable. Ils sont vraiment extrêmement accueillants et ont en plus beaucoup d’humour – bien que peu d’entre eux ne parlent anglais. Alors que j’attends l’avion à l’aéroport, une jeune femme vêtue d’un sari brodé de fleurs s’approche et me demande poliment si je désire remplir un questionnaire sur mon séjour au Sri Lanka. Elle vient du département du tourisme. Le questionnaire étant assez long, elle me sourit, un peu gênée. Les habitants de Sri Lanka se donnent beaucoup de mal pour offrir aux visiteurs un séjour inoubliable dans leur pays. Ils sont serviables, soigneux et charmants. Ce dévouement fait d’un voyage au Sri Lanka une expérience unique en son genre.

Photos: David Torcasso, Jessica Feustle

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