Pékin — Shanghai

Un duo de villes chinoises

Auteur

Oliver Fischer

Oliver Fischer travaille comme journaliste pour 20 minutes et comme rédacteur indépendant. Quiconque feuillette les catalogues Kuoni a eu l'occasion de lire des textes rédigés par ses soins. Originaire du canton des Grisons, il a passé deux ans de son enfance au Zimbabwe dans le sud de l’Afrique. A l’automne 2013, il est retourné dans ce pays pour la première fois depuis 25 ans, mais pas sans être parti à la découverte du monde auparavant, animé par un grand désir d’ailleurs. Asie, Océanie et Amérique latine figurent déjà à son palmarès.

C’est mardi. Après un voyage de presque 20 heures et transpirant abondamment à cause de la chaleur écrasante de l’été chinois, je suis à l’aéroport et m’attends à des formalités d’entrée laborieuses. Mais moins de cinq minutes plus tard, on tamponne mon passeport et on me dit « Bienvenue en Chine ». Mon humeur remonte en un clin d’œil et, jusqu’à ce que j’arrive à mon logement une heure et demie plus tard, tout marche comme sur des roulettes. Je trouve tout de suite le train de l’Airport Express, j’obtiens le billet correspondant sans accroc, aucun problème pour changer sur le métro et, finalement, je trouve mon chemin à travers la mêlée du premier coup. Tous les débuts sont difficiles ? Tu parles ! Pékin m’a rendu la tâche facile – merci.

Pékin : capitale entre tradition et modernisme

La capitale de la Chine a deux visages. D’un côté, les gigantesques axes routiers, les autoroutes urbaines à huit voies et engorgées à perpétuité, entourées de part et d’autre de gratte-ciel ultra modernes. Comme dans chaque métropole, on trouve des magasins de luxe, des gens d’affaires empressés et des touristes aisés visitant des temples du shopping plutôt que de bouddha. Mais, soudainement, le visage traditionnel s’ouvre à nous – les hutongs, ces quartiers où Pékin est encore la Chine et (presque) uniquement la Chine. Ici, de toutes les maisons, brillent des publicités bariolées. Les maisons elles-mêmes sont plates, grises, serrées les unes aux autres, ne laissant que peu de place pour les ruelles et les passages. Les néons promettent tout et rien – en tout cas pour moi. Des cuisines de rue, toutes sortes d’étalages alléchants et, surtout, des gens. Partout, ils flânent, courent, se promènent et s’empressent à pied, à vélo ou à scooter. On klaxonne, parle, crie, marchande et s’amuse.

Jour après jour, je me suis promené à travers de ces petites ruelles, j’ai regardé, senti, vécu et profité. Par-ci, une brochette de viande, par là, une pâtisserie, là-bas, une soupe aux nouilles. Toujours frais, toujours délicieux. Le « night market », non loin de la rue commerçante de Wangfujing, est une véritable attraction touristique. Les brochettes aux chenilles, aux asticots et surtout – aux scorpions, sont de véritables aimants publics. On les trouve de taille géante et noires comme l’enfer ou plutôt petites et empalées au vif. Mais ma témérité n’allait pas assez loin pour cela.

Voir Mao et...

...partir, voilà ce qui devrait être écrit à cette occasion. Ce que j’ai vécu au mausolée de Mao lors de mon premier jour à Pékin se laisse résumer en environ quatre minutes, et l’estimation est généreuse. De toute évidence, il faut que tout aille vite alors que, ignorant, je veux prendre ma place dans la file avec mon sac à dos et mon appareil photo. Sans autre, un Chinois d’un certain âge en uniforme me saisit et se met à baragouiner. Je suppose qu’il parle anglais. De ses phrases hésitantes, je ne comprends que la question : « Visit Mao ? ». Je hoche la tête, et sans plus attendre, le monsieur serviable me tire loin du mausolée. Sac à dos et appareil photo n’ont rien à faire ici. Finalement, je m’approche des files, avançant décidément à grands pas, devant l’entrée. Entretemps, j’ai bien compris pourquoi tout allait aussi rapidement. Les visiteurs de Mao sont transités d’arrache-pied à travers du mausolée, et cela fonctionne comme suit : on rentre – on vénère Mao – on sort.

Dans la salle numéro un, Mao trône sous forme d’une statue surdimensionnée. Dans la salle numéro deux, les visiteurs sont répartis en deux colonnes et dirigés vers la salle numéro trois. C’est ici que se repose cette figure de cire qu’était jadis le Grand Timonier Mao. Dans la salle numéro quatre les colonnes sont reformées et, quelques secondes plus tard, je me retrouve dehors, sous la lumière éblouissante du soleil. Pour la vénération quotidienne du Grand Timonier, on s’approvisionne en objets de dévotion aux stands derrière l’immeuble.

Dans la Cité interdite

Autrefois, elle était le centre de la Chine impériale – la Cité interdite. Sous le portrait de Mao, je passe la porte de la Paix Céleste et me promène sur la première grande place. Le chemin à travers la troisième porte mène au palais impérial. Cependant, ce qui s’y trouve n’arrive pas vraiment à m’enthousiasmer. Par contre, l’exposition de céramiques et de porcelaines dans une aile annexe me plaît. Peu de gens s’égarent ici et les salles sont climatisées. Sinon, la grande transpiration et la bousculade sont à l’ordre du jour à cet endroit. Un grand nombre de bâtiments sont interdits d’accès et on ne peut admirer leur intérieur que du pas de la porte. Je m’évite cette excursion dans cette foule transpirante. Longeant le fossé entourant le complexe, je me promène lentement en direction de la sortie et je visite le parc Zhongshan. Je me sens à l’aise ici : de grands espaces verts, des arbres ombreux, des bancs pour se reposer, de petits pavillons.

À la Grande Muraille

La visite de la Grande Muraille de Chine est un incontournable – et pour cause. La plupart des excursions mènent à Badaling, situé à proximité. On dit que, par conséquent, l’endroit est encombré. Je me décide pour une excursion vers le nord-est. Ma destination se trouve relativement loin du centre-ville, mais les efforts supplémentaires en valent la peine. Le tronçon de muraille à Jinshanling peut être atteint par une télécabine. De là, cette formidable muraille serpente de colline en colline, de haut en bas, à perte de vue. Trois heures plus tard, après une randonnée à faire transpirer, je suis de retour à la télécabine. À force de monter et de descendre, je suis fatigué à mort et j’ai faim – mais totalement satisfait. En soirée, cette excursion aventureuse de randonnée et d’escalade me console du fait que la muraille, malgré ses dimensions gigantesques, n’est pas visible de l’espace.

Après une semaine, je quitte Pékin en train, en direction de Shanghai. À bord d’un des trains « Superfast Trains » chinois, la distance de 1 300 km peut être parcourue en moins de six heures.

Shanghai : une ville à la recherche de son identité

De Shanghai, je n’ai pas entendu que des bonnes choses. Elle serait un moloch capitaliste, ou des quartiers entiers sont aplatis, sans considération, pour y planter de nouvelles monstruosités de béton et de verre. Mon premier objectif : partir à la recherche du vieux Shanghai. Selon mon guide de voyage, cela ne devrait même pas être trop difficile. Je suis quelque peu déçu en arrivant au quartier de Yuyuan Gardens – cela ne peut pas être le vieux Shanghai traditionnel. Maisons de style pagode, remplies à craquer d’échoppes de souvenirs, des restaurants bon marché, des chaînes de fast-food internationales et nationales et des maisons de thé. Un quartier chinois ? Tu parles ! Néanmoins, je me permets une entrée au Yuyuan Garden et je suis récompensé d’avoir porté la main à ma poche. Le jardin donne une impression d’authenticité et il est si vaste et doté de tellement de lacs, cours d’eau, collines et pavillons, que les gens s’y dispersent sans aucun problème, et que je ressens la quiétude de l’endroit.

Quelque peu désenchanté, je me promène aveuglément à travers des rues et soudainement, je finis par trouver : mon regard tombe sur une rue animée, remplie de gens. À gauche et à droite, se trouvent des caisses, des paniers, des frigos et des bacs. Je me lance dans ce fouillis. Des cyclistes sonnent, des scooters klaxonnent, des gens s’appellent, rient, parlent, marchandent. J’ai atterri sur la rue au marché des aliments. Des étalages de fruits, des cuves avec des poissons et fruits de mer, des boulangeries dont émane un parfum tentateur, des boutiques de confiseries remplies de sucreries étincelantes. Je regarde de ça et de là, intrigué, je grignote une pâtisserie, je picore une brochette exotique et je mords à pleines dents dans une pomme juteuse. Je continue ma randonnée à travers les ruelles animées et arrive à un marché spécialisé dans des marchandises quelque peu inhabituelles – des animaux. Mais, sur les étalages, ce ne sont pas des poulets, chiens ou chats que l’on voit, mais des insectes. Sauterelles, crickets, vers et asticots à perte de vue. Et, en accompagnement, des canaris et autres petits oiseaux, des bébés hamster, des tortues et des poissons d’or – je me demande si ce sont des animaux de compagnie ou des spécialités culinaires exotiques qui sont proposés ici.

Charmante French Concession

Les danses politiques ont toujours été dansées dans d’autres villes de Chine. Xi’an, Nankin et Pékin. Grâce à sa situation à l’embouchure du Yang-Tsé Kiang, Shanghai a toujours bénéficié d’un avantage commercial. En 1842, après la première guerre de l’opium, les Britanniques forcèrent l’ouverture de Shanghai au commerce avec l’Europe. Par la suite, la ville a vu la formation de dites concessions, britannique, française, américaine et japonaise, toutes marquées par l’architecture et la culture de ces pays.

Aujourd’hui, il n’en reste que très peu de vestiges. Le centre-ville est dominé par des gratte-ciel modernes et des expérimentations architectoniques. Mais elles existent toujours, ces rues élégantes, ces hôtels particuliers et ces allées. La concession française (« French Concession ») est mentionnée dans chaque guide de voyage, et pour juste cause. La plupart des rues sont ourlées d’arbres ombreux, les maisons sont anciennes, mais tout autrement que délabrées. Des cafés et des boutiques s’y sont installés. Les rues sont animées sans être encombrées. Je ne m’y sens pas tout à fait comme à Paris, mais ce quartier diffuse toujours une certaine légèreté et un charme incomparable.

Les palais sur la Zhongshan Road, le long de la rivière Huangpu, sont une démonstration de faste et de richesse. Il y a quelques années, la rue a été revalorisée par une promenade piétonne « The Bund ». Même si se promener, entouré de milliers de personnes, peut avoir son attrait, ce sont les magnifiques bâtiments à l’arrière-plan qui sont vraiment intéressants : victoriens, néoclassiques ou art nouveau.

Pudong — Shanghai Financial District

À l’origine, les Britanniques voulurent faire de Shanghai leur colonie de la Couronne. Mais, comme ce projet échoua, le choix tomba sur Hong Kong. Jusqu’à ce jour, Shanghai tente de rattraper ce retard et cherche désespérément à gagner de l’importance sur le plan international. Le district de Pudong, à l’est du Huangpu, est le symbole des efforts de Shanghai pour devenir une métropole financière de poids sur la scène mondiale. Une tour de verre surpasse la prochaine. Présentement, le plus haut immeuble de la ville est le « plus décapsuleur » du monde, le World Financial Center. Alors que Pudong devrait devenir le fleuron économique de la Chine, c’est la Nanjing Road qui est l’incarnation de la commercialisation. La partie est de la rue est la plus grande rue piétonne commerçante de la Chine. C’est la première fois que je n’ai pas l’impression d’être le seul non-chinois sur un kilomètre à la ronde. Malgré tout, cette impression ne dure pas longtemps. Après une semaine à Shanghai, mon avion m’attend, direction de la jolie petite Suisse.

Photos: Oliver Fischer

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