Zimbabwe - Un rêve africain

Un voyage sur les traces du passé

Auteur

Oliver Fischer

Oliver Fischer travaille comme journaliste pour 20 minutes et comme rédacteur indépendant. Quiconque feuillette les catalogues Kuoni a eu l'occasion de lire des textes rédigés par ses soins. Originaire du canton des Grisons, il a passé deux ans de son enfance au Zimbabwe dans le sud de l’Afrique. A l’automne 2013, il est retourné dans ce pays pour la première fois depuis 25 ans, mais pas sans être parti à la découverte du monde auparavant, animé par un grand désir d’ailleurs. Asie, Océanie et Amérique latine figurent déjà à son palmarès.

Un rêve africain

Cela fait presque 25 ans que j'ai foulé pour la dernière fois le sol du Zimbabwe – je n'étais encore qu'un petit garçon. Pourtant, dès que je sors de l'aéroport de la capitale Harare, je sais que ma place est ici. Je me sens bien, l'odeur m'enivre. J'inspire à fond et même si je ne me souviens pas de cet endroit, tout me semble naturel.

« Il y a une odeur bien particulière, celle de la terre, inconnue et pourtant si familière ; une odeur qui manque de fraîcheur, et même plutôt sale – néanmoins parfaite. »

Mais nous laissons rapidement Harare derrière nous. Nous nous dirigeons d'abord vers l'Est, en direction des Eastern Highlands, les «hautes terres de l'Est». Je colle mon nez à la vitre pour essayer de tout voir, de comprendre et d'absorber les paysages qui défilent. Il s'agit d'abord des rues de la ville et des gens qui sont déjà dehors de si bon matin. Mais nous quittons assez vite la ville à la découverte de nouveaux paysages. C'est là qu'on arrive vraiment en Afrique. Le soleil brille et la lumière est presque aveuglante. On voit défiler tantôt des champs, tantôt des arbres, tantôt des collines boisées. Et les minutes défilent plus vite que les paysages. Nous faisons notre première pause dans la «Halfway House», une ancienne ferme coloniale. Sous l'arbre imposant qui illumine de ses fleurs jaunes la cour intérieure, une table attend les voyageurs venus se rassasier et étancher leur soif. Là, je suis vraiment au Zimbabwe, et je m'en rends compte lorsque j'aperçois dans le réfrigérateur de boissons les canettes luisantes de Sparletta, la limonade nationale. Vert acidulé ou rouge vif, comme dans mes souvenirs de cette boisson ultra-sucrée au goût chimique. À partir de ce moment-là, je commence à avoir le sentiment de «rentrer à la maison» en venant au Zimbabwe.

Voyage à travers les paysages africains

En route vers l'Est, nous traversons le plus africain des paysages, à savoir la steppe herbeuse. Le paysage est encore assez sec, car la saison des pluies n'a pas commencé. L'herbe de la steppe est jaune, haute et oscille dans le vent comme des vagues sur la mer. Ça et là, on rencontre des arbres squelettiques et des formations rocheuses singulières qui se détachent sur fond de ciel bleu et scintillant. Ces formations sont assez déconcertantes. Quelles lois physiques permettent à ces blocs erratiques de plusieurs tonnes de tenir en équilibre dans des positions aussi incongrues?

Mais le paysage change déjà, la steppe disparaît et laisse place à un décor plus vallonné, où les forêts recouvrent vallées et collines. Le parc national de Nyanga nous accueille; c'est comme si l’on avait quitté brusquement le Zimbabwe, et même l'Afrique. Nous nous retrouvons entourés de forêts de conifères scandinaves. Des petits lacs scintillent à la lumière du soleil, le vent chaud soulève la poussière terreuse chargée d'aiguilles de sapins, qui entre par les vitres ouvertes – un tout autre univers. Nous quittons le parc et les lacs scandinaves pour nous rapprocher des paysages plus (sub)tropicaux des collines Mvumba, au sud de la ville orientale de Mutare. Les routes se font plus sinueuses, les montagnes plus hautes et plus raides, la végétation plus luxuriante, plus épaisse, plus verte et plus colorée. Ici règne un mélange subtil de douceur tropicale, de passé colonial et de sérénité. La jungle, toujours imprévisible, se donne en spectacle tandis que la brise fraîche revigore le corps et l'esprit.

Un voyage sur les traces de son propre passé

L'arche du pont suspendu de Birchenough apparaît au loin comme une promesse: je serai bientôt «chez moi». Enfin cette flèche, qui indique la direction du Sud: Silveira, mon village pendant deux ans, il y a 25 ans. La route a été, depuis, en grande partie recouverte d'asphalte, mais pour la première fois, j'ai le sentiment de me souvenir de quelque chose. Je connais ce paysage, cette colline, ce ruisseau, et au détour du prochain tournant devrait se trouver l'église du village, qui illumine les environs de sa blancheur éclatante. Oui, maintenant je sais où l’on est. Nous empruntons la route cahoteuse jusqu'à l'église, le lycée est sur la gauche, l'hôpital à droite, à gauche de l'église le bâtiment de la Mission, le jardin et les virages serrés de la montagne. Nous voici «chez nous». Je connais tout: chaque bâtiment, les chemins qui mènent à tel ou tel endroit, la route du barrage au-dessus du village, et le sommet local «Flight of Egypt» qui surplombe l'ensemble. Mais tout n'est pas resté tel quel. Le jardin de la Mission n'est plus qu'un champ sec. La vue depuis la terrasse ne donne plus sur toute la plaine, mais «seulement» sur les arbres en fleurs colorés et les buissons en contrebas de la maison.
L'hôpital a toujours la même odeur.

« Et certaines personnes sont toujours là. Non pas que je me souvienne d’elles, mais elles se souviennent de moi. »

J'attendais avec impatience le moment de partir en randonnée sur le «Flight». Nous partons en fin d'après-midi. Dans mon souvenir, le chemin est long et pénible et à ma grande surprise, il nous faut une heure à peine pour atteindre le sommet et découvrir derrière le rocher, une vue majestueuse sur le village et la plaine inondée de soleil, situé à l'ouest au-dessus des collines. Assis et en silence, nous observons et admirons la vue.

Un voyage à la découverte de la faune

Le touriste en visite en Afrique a souvent une activité en tête: le safari. Et cela fait aussi partie de nos projets. Nous partons en direction du parc national de Gonarezhou, situé dans le Sud-Est, à la frontière du Mozambique. Nous nous installons comme il se doit dans un bivouac, avec un fleuve en contrebas, d'où l'on entend barboter et s'ébrouer les hippopotames.

Au petit matin, nous entrons tout doucement dans le parc en voiture, caméra en main, prêts à dégainer en cas de rencontre avec des éléphants, des girafes ou des antilopes. C'est un éléphant, et même toute une famille de pachydermes, qui croise en premier notre chemin. Le mâle nous remarque immédiatement et regarde dans notre direction. Il fait bouger ses grandes oreilles et lève sa trompe avant de barrir et de charger la voiture à toute allure. Le pied sur l'accélérateur, nous nous empressons de partir. Une rencontre avec un éléphant mécontent peut très mal se terminer, même pour les véhicules tout terrain les plus performants. Une petite explication s’impose: près du Mozambique, les éléphants ont été victimes de la guerre civile qui a fait rage dans cette région. Ils se montrent donc particulièrement agressifs face aux voitures. En dehors de cet épisode, tous les animaux réagissent en général avec indifférence (les éléphants) ou prennent leurs distances (les antilopes, gnous, koudous et buffles). 

En ligne de mire de notre excursion: les falaises de Chilojo. Nous arrivons au pied de superbes rochers, arborant différentes nuances de rouge. Et pour la première fois, nous allons devoir nous salir les mains: une crevaison au beau milieu du parc national, à une heure au moins de l'entrée et aucune réception sur notre téléphone portable. Notre instinct d'aventurier prend alors le dessus et nous bataillons avec la roue de secours pour contourner les rochers et rejoindre le plateau. Depuis l'arête rocheuse, la vue sur le fleuve tranquille et le parc en arrière-plan en vaut vraiment la chandelle.

Un voyage à travers l'histoire du Zimbabwe

Les ruines du Grand Zimbabwe m'ont aussi beaucoup plu. Cette capitale jadis riche et puissante de l'Empire de Monomotapa s'occupait des relations commerciales avec le monde arabe, jusqu'à l'Inde et la Chine. Des murs de pierre imposants fabriqués avec des briques placées les unes au-dessus des autres sans ciment témoignent de cet État depuis des siècles. Nous sommes presque seuls, à nous promener au milieu des ruines pour admirer ces constructions grandioses. Nous grimpons sur les Ruines de la colline («Hill complex»), d'où l'on peut voir la plaine et les vestiges impressionnants de Monomotapa. L'oiseau emblématique du Zimbabwe est originaire d'ici, vraisemblablement issu de la religion du peuple Shona.

Nous effectuons ensuite un grand bond dans l'Histoire en arrivant au parc national de Matobo. Nous plongeons dans l'histoire coloniale du Zimbabwe, c'est-à-dire de la Rhodésie. Cecil Rhodes a choisi les collines de roche situées au sud de la ville de Bulawayo comme dernière demeure. C'est lui qui a fondé l'ancienne colonie britannique et lui a donné son nom. Il faut avouer que l’endroit est magnifique: la vue depuis la plate-forme rocheuse est saisissante. Ce paysage est connu, d'une part, pour les peintures rupestres du peuple San datant de deux mille ans, et pour ses «rochers en équilibre». J'ai qualifié les formations rocheuses similaires observées dans le Nord du pays de singulières, mais ici, le phénomène prend une toute autre ampleur. Impossible de le décrire précisément; cela relève presque du miracle.

Le voyage touche à sa fin

Nous arrivons bien trop vite à la fin de notre voyage, mais quelle fin! C'est sur le site naturel spectaculaire et célèbre des chutes Victoria, autre temps fort du séjour, que s'achève mon «retour au pays». Le nuage d'écume qui bouillonne au-dessus de la cascade vertigineuse au-dessus du fleuve Zambèze n'est pas aussi impressionnant que pendant la saison des pluies, et le grondement de la chute n'est certes pas aussi bruyant. Mais cela me permet de voir les chutes sans être trempé jusqu'aux os et sans le risque de me noyer dans ce formidable nuage blanchâtre. Et la vue imprenable sur le vide est bien plus époustouflante; elle force tout simplement le respect...

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