Lever le pied à la marocaine

Circuit au pays des mosaïques

« L’important est de rester curieux et d’accepter que les choses soient autres que chez nous. »

- Fritz Näf

Le voyageur

Fritz Näf

Chef d’orchestre et ancien directeur du Conservatoire de Winterthur, Fritz Näf a toujours voyagé à travers le monde. Son dernier voyage privé l’a amené au Maroc où il a exploré avec son épouse les contrastes de l’Orient – de l’architecture traditionnelle au vacarme contemporain des moteurs. 

Fritz Näf est las des mégalopoles comme New York, Buenos Aires ou Tokio : il les a déjà toutes vues – rarement pour ses vacances, mais lors de déplacements professionnels pour le Conservatoire de Winterhur. Aujourd’hui à la retraite, il continue de voyager, mais préfère les destinations calmes. Là où la tradition et non la croissance économique est une curiosité. Comme au Maroc par exemple. 

Contre toute attente

Avec son épouse, il a sillonné pendant près de deux semaines ce pays nord-africain : de la ville côtière de Casablanca à Rabat, Meknès, Fès puis Marrakech, en passant par le massif de l’Atlas. Samir, le chauffeur, et Moursou, l’historien, ont accompagné le couple lors du périple, lui ouvrant d’autres perspectives sur leur pays natal. « Certes, nous avions beaucoup lu en amont, mais ce n’est pas la même chose que de le vivre sur place », constate Fritz Näf. Leur guide personnel a fourni moult informations sur la situation politique et sociale du pays, et Fritz Näf avoue que son image du Maroc était totalement erronée. Surtout en ce qui concerne l’infrastructure et le service. « Les routes sont en parfait état – même jusque dans le désert », ajoute-t-il. Et les hôtels se sont révélés de très bonne qualité. 

Des chefs d’œuvre tout en détails

Pendant le trajet, les chefs d’œuvre d’architecture orientale se déroulaient devant les voyageurs comme un tapis infini. La mosquée Hassan II à Casablanca et son minaret de 210 m de haut ; Volubilis près de Meknès, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO et dont les ruines témoignent de la domination romaine d’antan – ou encore le Palais royal de Rabat qui rappelle les contes des mille et une nuits avec sa porte monumentale en cèdre et bronze ciselé ou ses murs de marbre couverts de mosaïques et d’ornements. « Les mosaïques étaient fabuleuses », s’enthousiasme Fritz Näf. Éléments incontestables de la tradition populaire marocaine, elles illustrent une facette particulièrement impressionnante de la diversité de l’artisanat du pays. Les carreaux bleu cobalt, qui décorent édifices, places, sols et bien évidemment le palais royal, sont manufacturés à Fès, surnommée la ville bleue pour cette raison. Or, cette dernière était l’étape suivante de nos voyageurs. Mais, autant Fritz Näf a été fasciné par les mosaïques et leurs couleurs, autant il a bientôt trouvé la ville trop bigarrée. 

Fuir le chaos

Ni lui ni sa femme n’avaient vraiment envie de se balader dans les souks ni de marchander à tout bout de champ. La médina de Fès est composée de 9400 couloirs et ruelles – certains atteignant tout juste 50 cm de large. Des ânes y transportent la marchandise de leurs maîtres, progressant entre amoncellements d’épices, pots en céramique, babouches colorées et bijoux en or ; et le XXIe siècle file sur deux roues au milieu de ce grouillement humain : « Il y avait des scooters partout », raconte Näf. « C’était très limite. Et puis ces pétarades ! » Tout cela dans la ville qui doit précisément son surnom à la couleur du calme et de l’harmonie ! Quand, le soir venu, le guide les amène dans un restaurant local, le couple se réconcilie avec la plus ancienne ville royale du Maroc. Des hommes coiffés du traditionnel tarbouche en feutre rouge jouent sur leurs ouds des mélodies orientales, le tout structuré par le son de tambours. Les convives savourent dans la lumière tamisée tout ce qui est réputé bien au-delà des frontières marocaines : tajine d’agneau, ragoût de pois chiches, couscous d’aubergines. 

Apogée tout en contrastes

Le lendemain, le couple vit son temps fort personnel : la traversée du massif de l’Atlas jusque dans le désert. L’Atlas, c’est un coup de sabre qui sépare le désert aride du Sahara du climat humide au nord-ouest ; le massif s’étend sur quelque 2300 kilomètres, au Maroc, en Algérie et en Tunisie. Loin de l’agitation des villes, le Maroc présente ici sa douceur pittoresque, de vertes prairies et des forêts de cèdres qui sentent bon le thym et le romarin. Mais de l’autre côté, le paysage qui s’ouvre au regard est des plus contrastés : des vagues de sable à perte de vue. Les nuages qui défilent créent à chaque instant un décor vivant – le soleil fait scintiller chaque grain de sable et transforme cette mer poussiéreuse en un festival de couleurs paradisiaque. « Après avoir traversé les dunes cahin-caha à dos de chameaux, nous avons glissé sur les pentes de sable assis sur des couvertures », se souvient Fritz Näf. Une expérience de luge singulière pour ces Suisses habitués à la neige. À peine le soleil avait-il disparu que le désert a déjà montré ses dents. « Il faisait un froid de canard. » Et le soir, à l’hôtel, cela ne s’est pas réchauffé car le chauffage était en panne. 

Un brin d’humour, des rencontres et une ouverture d’esprit ont fait le succès des vacances de ce chef d’orchestre retraité. « L’important est de rester curieux et d’accepter que les choses soient autres que chez nous. » Bien que Fritz Näf ait déjà parcouru le monde entier, sa soif de voyage n’est pas assouvie ; elle a juste changé. Aujourd’hui, il veut plonger dans une culture et en ressentir l’atmosphère. Pas que dans les souks animés, mais aussi dans les rues toutes simples, dans les mosquées et surtout dans la nature. Comme à Essaouira, la ville côtière et dernière étape du voyage. 

Propos consignés par : Magdalena Ostojić
Photos: Fritz Näf

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