Le Cap – Un phénomène de la nature

Au Cap le bonheur est à portée de main

Autorin

Judith Reker

Judith Reker hat in London und Ägypten Arabistik, Judaistik und Geschichte studiert. Nach Stationen bei Reuters East Africa und Spiegel Online war sie beim Magazin Mare Redaktorin für Politik und Gesellschaft. Sie lebt heute in Johannesburg. 

A peine atterri, se reposer du voyage?

Pas question! Pour moi, il n’y a qu’une chose qui compte: redécoller aussi sec et me rendre en téléphérique sur la Table Moutain en début de soirée ! Il n’y a pas de meilleur prélude à un séjour au Cap. Accessoires indispensables: le Sunset Special du téléphérique (le trajet est à moitié prix à partir de 18h), de bons amis, un en-cas et une bouteille de champagne.


À 1000 mètres d’altitude, un panorama à 360 degrés s’offre à vous. Montagnes, criques, ville et mer composent un tableau chaque fois différent. Au nord, le port et le centre-ville; au loin, Robben Island, l’île où Nelson Mandela et d’autres héros de la lutte anti-apartheid ont été retenus prisonniers. Au sud, le regard survole la chaîne montagneuse des «Douze Apôtres» jusqu’à Cape Point, la pointe sud de la Péninsule du Cap, qui s’étend jusqu’à Signal Hill au nord.  
Enfin, lorsque vous aurez scruté le Cap sous toutes ses coutures, vous pourrez vous installer sur un muret à l’extrémité du plateau et déguster votre champagne, les pieds dans le vent, jusqu’à ce que le soleil disparaisse dans la mer, «à gauche» de Robben Island.

Création et innovation: une autre facette du Cap

Prochaine étape: plonger dans le microcosme. Dans l’agitation de Woodstock, par exemple. Situé non loin du port, ce quartier est devenu depuis quelques années un des endroits les plus tendance de la ville, alors que ses rues poussiéreuses étaient encore récemment abandonnées aux gangs et à la violence. Comme souvent – à l’instar de Williamsburg à New York ou de Mitte à Berlin – les artistes et les créateurs furent les premiers à s’y installer.

À tous ceux qui s’intéressent à l’avant-garde de l’art contemporain de la région, je ne peux que recommander ma galerie préférée, Michael Stevenson, située Sir Lowry Road. Salles modernes aux couleurs claires, parquet branlant, c’est le repaire de l’historien d’art Stevenson. Il y expose des artistes de premier plan, tous passionnants, venant d’Afrique du Sud et du reste de l’Afrique.

Le samedi, difficile de résister au Neighbourgoods Market, sur le terrain en briques de l’Old Biscuit Mill. Pour commencer, je me fais découper une noix de coco à l’entrée du marché couvert, puis je flâne entre les stands proposant de délicieuses spécialités régionales. À côté du marché, l’Old Biscuit Mill abrite des petites boutiques, comme la manufacture de céramique raffinée Imiso, dont les produits figurent également au musée national et au Conran Shop de Londres. La brocante Deer Hunter vaut le déplacement, pas uniquement pour ses anciens jouets décalés, pour ses disques et pour ses vêtements vintage, mais aussi pour les pochettes afrochics ultra modernes de Maria McCloy (Michelle Obama et moi-même en possédons une toutes les deux). Tout au fond de l’Old Biscuit Mill se cache le restaurant The Test Kitchen, dans lequel Luke Dale-Roberts nous gratifie de son explosion de saveurs primée. Le temps d’attente peut atteindre trois mois, mais cela en vaut la peine.

Des plages à couper le souffle – Qu’importe le but, l’important c’est le chemin parcouru

Le calme de la plage de Noordhoek répond au tumulte urbain de Woodstock. Les plages du  Cap sont toutes enchanteresses, mais pour moi, celle de Noordhoek est la plus belle de toutes. Pour l’embrasser du regard dans toute sa longueur, mieux vaut emprunter Chapman’s Peak Drive depuis Hout Bay. D’ailleurs même sans aller jusqu’à la plage de Noordhoek, cette route vaut le détour: avec ses 114 virages offrant une vue vertigineuse sur l’Atlantique, elle est l’une des routes côtières les plus palpitantes au monde. Très vite, on aperçoit la plage de Noordhoek de huit kilomètres de long se dérouler sous nos yeux. Les zones marécageuses sauvages, placées sous la protection du parc national, protègent la plage et en font un lieu propice aux longues balades et aux pique-niques pour écouter le bruit du vent ou regarder les chevaux dont le trot enlevé remue quotidiennement le sable.

L’histoire remarquable de l’Afrique du Sud

Le Cap, c’est l’alternance imperceptible entre la nature et la culture. Comme récemment encore, au théâtre «The Fugard», baptisé ainsi en l’honneur du plus célèbre des dramaturges sud-africains. Bâtie sur les vestiges d’une église du XIXe siècle dont on a conservé les vitraux pittoresques, l’entrée ouvre sur le bâtiment principal, un ancien entrepôt de tissus rénové. On y donne une pièce de théâtre intimiste, examinant en profondeur le passé de l’apartheid. Seuls sur scène, deux acteurs rejouent la vraie rencontre entre une psychologue et un policier pro-apartheid, condamné à 212 ans de prison. Une demi-heure après le début de la pièce, ma voisine, qui m’est totalement inconnue, se penche vers moi et me murmure, émue: «C’est si réel, comme s’il s’agissait des véritables protagonistes de l’époque.» Après la représentation, nous nous retrouvons au foyer et entamons une conversation sur le Cap d’hier et d’aujourd’hui. 
L’emplacement du bâtiment est pour beaucoup dans l’intensité des expériences théâtrales et des rencontres qu’on peut y faire.. En effet, The Fugard se trouve dans le District Six, un quartier cosmopolite et dont la population était très dense jusqu’en 1966. Mais lorsque le régime de l’apartheid décide de faire du District Six un quartier réservé aux Blancs, plus de 60 000 personnes sont déportées et leurs maisons rasées. Le prestigieux District Six Museum, à seulement un pâté de maisons de The Fugard, est vivement recommandé à quiconque souhaite connaître l’histoire de la ville du Cap.

Une piscine haut de gamme et une nouvelle culture de la bière

Dans la splendide piscine du quartier de Sea Point, l’ambiance est à l’exubérance et à la fête, il faut profiter de l’instant présent. La piscine en plein air, récemment décrite comme l’une des dix meilleures au monde par le quotidien britannique «The Guardian», offre une vue spectaculaire sur la mer. La température de l’eau est écrite quotidiennement à la main, à l’ancienne, bien que des bassins modernes étincellent à l’intérieur. Les habitués et les touristes bronzent sur la pelouse, tandis qu’athlètes et nageurs du dimanche enchaînent les longueurs dans le bassin olympique.

La piscine se trouve sur la Sea Point Promenade, qui s’étend le long de la côte atlantique jusqu’au phare de Mouille Point. Coureurs, parents avec leurs poussettes, amoureux – tous sont au rendez-vous sur le large chemin entre la Table Mountain et les pétroliers géants qui sillonnent la mer, au large, en direction du port.

Mais de toute manière, tout Sea Point ensorcelle. Abstraction faite de quelques rares blocs de béton, l’ensemble a su garder une atmosphère de village avec un zeste de bohème. La population y est des plus variée à maints égards: noire, blanche, jeune, vieille, pauvre, riche. Les petites ruelles abritent de charmants cafés et les habitants du coin adoptent facilement les nouvelles tendances. La dernière en date? Louer des vélos, par exemple juste à côté de la piscine.

De la bière micro-brassée

C’est avec enthousiasme que les habitants du Cap ont également accueilli la Craft Beer, une bière d’excellente qualité fabriquée par de petites brasseries raffinées. C’est le &Union au centre-ville, à l’angle de Bree et Church Street, qui a donné le ton. Assis à de grandes tables, on peut y déguster un large choix de bières, ainsi que des hamburgers et des steaks savoureux, le tout dans une atmosphère de café détendue. L’un des tout derniers restaurants branchés est le Mondiall, au niveau du Victoria & Alfred Waterfront. «Hip and happening», tels sont les qualificatifs employés judicieusement par Lee, mon amie américaine qui connaît bien le Cap. Elle a raison: les tables à l’extérieur sur le pont de bois sont idéales pour manger, boire et regarder tour à tour la mer, les montagnes et les gens.

Nature ou culture – que choisir au Cap?

Heureusement, le jardin botanique propose les deux à la fois: de la nature, mais cultivée. Lors de ma dernière visite, j’ai été accueillie par une explosion de couleur rouge: des Fireball lilies de la taille de mon ordinateur portable ! Que vous vous promeniez parmi les immenses parterres de fleurs que survolent les Souimangas, petits oiseaux orangés en quête de nectar, ou que vous flâniez à travers l’arboretum, à l’ombre des figuiers et en admirant le safran du Cap, le jardin est un rêve floral qui ravira vos sens à longueur d’année.

Par ailleurs, le jardin botanique épouse amoureusement les versants est de la Table Moutain, et lorsque de sombres nuages viennent brusquement s’amasser au-dessus de vous, le décor est tout simplement parfait. Parfait pour le cinéma en plein air, qui joue à guichets fermés pendant presque tout l’été – et tout aussi parfait pour les concerts qui font résonner les dimanches d’été, lorsque la moitié des habitants du Cap prennent le jardin d’assaut, armées de paniers de pique-nique et de nappes.

Reste une activité bien particulière, que je me réserve pour les moments où je m’en sentirai davantage le courage: le parapente. Pour l’instant, je préfère regarder d’en bas les parapentistes expérimentés s’élancer de Signal Hill et évoluer au-dessus du centre-ville avant d’atterrir sur la Sea Point Promenade.

Le Cap, c’est ne pas avoir à choisir. Nature et culture. Décoller et plonger. Ici, tout est possible.

Photos: Tim Wege

Quoi de neuf? Eau, vagues, surf

Quand on vit au Cap et qu’on apprécie les sports d’extérieur, on est probablement aussi surfeur. Pourtant, depuis peu, les habitants du Cap se sont découverts une nouvelle passion pour un autre sport aquatique : le SUP. Et ce qu’il y a de bien avec ce sport, c’est qu’on n’est pas obligé d’être un grand sportif. Et je sais de quoi je parle. 

SUP signifie stand up paddling. L’objectif est de se tenir debout sur une planche de surf en avançant à l’aide d’une pagaie ; une sensation royale ! Né à Hawai, ce n’est donc pas un hasard si le SUP était à ses débuts réservé au roi. Aujourd’hui pratiqué par tout le monde au Cap, le SUP séduit les débutants à l’équilibre précaire tout comme les pros du surf. L’intérêt pour les débutants : un sport qui s’apprend vite et qui nécessite tout au plus une raisonnable habileté en matière de coordination. L’intérêt pour les pros : avec le SUP, on peut satisfaire une envie de glisse même en cas d’absence de vent. Les plus doués arrivent même à glisser en toute élégance sur de hautes vagues avec leur planche et se mesurent les uns aux autres lors de compétitions. 

J’ai appris à faire du SUP à la Roxy Surf School de Muizenberg et très vite je ne voulais plus descendre de ma planche. Le spot de Muizenberg est parfait pour les débutants : quand la mer est trop agitée, l’ancienne surfeuse professionnelle Roxy ou son entraîneur emmènent les débutants sur un lac à seulement deux minutes de là, où l’on ne pourra pas accuser les vagues d’être responsables en cas de chute dans l’eau. 

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