L’appel au cœur de l‘Afrique

Du voyage, de l’émerveillement et d‘entraide

L'expert en voyages

Claudio Nauli

La passion de l’Afrique a pris Claudio Nauli aux tripes dès son premier voyage sur ce continent. Son objectif est de montrer combien des vacances dans cette nature sauvage peuvent être inoubliables. Il est depuis 2003 le directeur des spécialistes Private Safaris de Kuoni. 

D’énormes cartes du continent africain ornent les murs ; six élégantes chaises en bois, recouvertes de velours à l’imprimé léopard, entourent la table de réunion du bureau de Claudio Nauli. Et pourtant, au début, le directeur de « Private Safaris » ne voulait rien savoir de l’Afrique. « Si quelqu’un m’avait dit, il y a 15 ans, que j’allais adorer ce continent, je lui aurais dit qu’il est fou ». Que c’est-il passé ?

Nauli travaillait déjà depuis six ans en tant que chef du département Australie de Kuoni alors que son supérieur lui proposa de reprendre la direction de Private Safaris, alors encore appelée « Rotunda Tours ». Un poste avec plus de responsabilités, un nouveau champ d’action et des possibilités de développement. Mais Nauli refusa. « Même avec la meilleure volonté du monde, je ne pouvais pas m’imaginer avoir le même engouement pour l’Afrique que pour l’Australie ». Cependant, le Coirien de naissance accepta de réfléchir au courant de la fin de semaine. Le lundi suivant, il accepta sans trop savoir ce qui l’attendait sur le plan émotionnel. Un mois plus tard, il parcourut l’Afrique du Sud et constata avec soulagement qu’il pouvait bel et bien se fier à son intuition. « J’étais baba. Tout simplement abasourdi par les animaux sauvages, l’hospitalité des gens et la nature indescriptible ». À son retour, Nauli remercia son supérieur de lui avoir rendu possible de prendre la meilleure décision de sa carrière. C’était en 2003.

Aujourd’hui, 13 ans plus tard, il est toujours heureux d’avoir osé faire le pas. « Mon travail et les voyages me comblent extrêmement ». Particulièrement enrichissant est de pouvoir diriger une équipe motivée, d’avoir des clients intéressés et de pouvoir compter sur des collaborateurs locaux dévoués. La proximité avec les gens est importante pour lui. Également avec ceux d’entre eux que la vie n’a pas favorisés. Claudio se rend à son classeur et en sort une pile de chemises de classement. Il les place soigneusement sur la table et en retire le contenu : cinq destins sous forme de dessins, d’images et de lettres. Ce sont les dossiers de ses enfants parrainés qui fréquentent une école de l’organisation allemande d’entraide Siyabonga et que lui et son équipe soutiennent depuis 2007.

L’idée est née d’une simple coïncidence. Comme chaque année, Nauli s’est rendu à Durban avec deux collègues pour visiter la grande exposition annuelle de tourisme afin de s’inspirer, négocier des contrats d’hôtel et rechercher de nouveaux partenaires potentiels. Une visite du centre de formation Siyabonga au village d’Esigodini était au programme d’une excursion à Pietermaritzburg avec son agent local. Une visite qui éveilla en lui un grand nombre d’émotions. « Il y avait certainement plus de 100 enfants, réunis dans une salle pour nous chanter l’hymne nationale sud-africaine en zoulou, afrikaans et anglais ». Nous seulement les dames de la partie, mais également ses accompagnateurs masculins et lui-même durent écraser une petite larme. « La première rencontre avec les enfants fut émouvante » raconte Nauli, lui-même père d’une fille de 14 ans.

Une fillette voulut savoir de quel pays il venait. Il dessina une carte sur le sol poussiéreux et lui montra l’Europe, mais elle ne fit que de le regarder, l’air confondu. Là, d’où vient Roger Federer expliqua la maîtresse d’école et tout à coup, la fillette comprit de quel pays il s’agissait. « Je n’ai pas du tout pensé à cette explication ! Roger Federer est à moitié sud-africain, les gens le connaissent » dit Nauli en riant. Les enfants, éveillés et avides de savoir, ont vite conquis son cœur et c’est ainsi qu’il décida de soutenir l’école au moyen de parrainages. Avec les quelque 50 francs par mois qu’il envoie chaque mois au nom de Private Safaris à chacun des enfants, les collaborateurs de Siyabonga achètent de la nourriture et des vêtements sur place. Une petite partie va aux assistants eux-mêmes qui sont tous originaires de la région.

La population de la province de KwaZulu-Natal est majoritairement noire. La plupart vivent dans des bidonvilles, sans perspectives d’avenir. Le taux de chômage dépasse les 30 %. Les dommages occasionnés par l’Apartheid sont toujours clairement visibles, explique le manager, même si, depuis Mandela, le pays se trouve dans un lent processus de transformation. Un autre problème est l’énorme taux du sida, maladie dont près de 60 % de la population du nord de l’Afrique du Sud est atteinte. Les médicaments sont hors de portée de la plupart des habitants ; un grand nombre d’adultes meurt tôt et laisse derrière eux des enfants devant grandir comme orphelins. Le but de la fondation Siyabonga est justement d’aider ces enfants en leur permettant une éducation et en s’occupant de leurs besoins élémentaires. Ils sont pris en charge durant la journée et reçoivent nourriture et vêtements, mais ils habitent toujours chez leur parent ou des membres de leur famille. Comme la scolarisation en Afrique du Sud n’est pas gratuite ou facilement accessible, beaucoup de gens n’ont pas les moyens de payer pour l’éducation.

Depuis cette première rencontre, Nauli se rend chaque année à Esigodini pour passer la journée avec les enfants parrainés. Ce qui va de soi pour les adolescents chez nous, ne l’est en aucun cas là-bas, dit-il : course en go-kart, baignade dans la mer, shopping ou manger dans un restaurant de fast-food – ce jour-là, ils entreprennent tout ce dont un enfant parrainé, entretemps devenu adolescent, peut rêver. La réticence initiale, encore tangible chez les enfants au début de cette amitié, a vite été jetée par-dessus bord et maintenant, ils se réjouissent chaque fois qu’ils peuvent se lancer dans de nouvelles aventures avec leurs parrains. À une occasion, ils s’arrêtèrent en cours de route pour admirer la mer. Bien qu’ils grandissent tout près de l’océan, peu d’enfants ont l’occasion de s’y rendre. « La jeune troupe barbotait à cœur joie, s’éclaboussait et ne voulut plus quitter la plage », raconte Nauli, (49 ans).

Photos: Private Safaris 
Texte: Magdalena Ostojic

 

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